Plan Marshall pour l’Afrique : l’Allemagne peut-elle réussir?

  • Source: : Webnews | Le 08 juillet, 2017 à 06:07:18 | Lu 3681 fois | 13 Commentaires
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Angela Merkel et Faure Gnassingbé le 16 juin 2009 à Berlin.

Depuis le début de l’année 2017, la diplomatie allemande multiplie les initiatives économiques en faveur du continent africain. Profitant de sa posture de Président en exercice du G20, dont le prochain sommet est prévu à Hambourg les 7 et 8 juillet prochain, Angela Merkel, en recevant neuf chefs d’État du continent à Berlin, a confirmé son attachement à un partenariat fécond avec l’Afrique, avec comme premier socle la mise en œuvre d’un plan que d’aucuns ont qualifié de « Plan Marshall pour l’Afrique ».

La question est de savoir si ce ne sont pas encore des vœux pieux. L’Allemagne pourra-t-elle réussir, là où d’autres pays ont échoué dans leurs tentatives de booster le développement du continent Africain ?  Une chose semble certaine, le contenu que l’Allemagne souhaite donner à sa nouvelle initiative est peu innovant : une révision du modèle de coopération Nord-Sud, une meilleur présence des entreprises germaniques en Afrique, un rehaussement de l’aide publique allemande au développement (+20%), sans donner la moindre indication sur le montant de l’enveloppe consacrée au Plan Marshall; à ce jour du reste, seuls 300 millions d’euro d’aides bilatérales supplémentaires sont annoncés  par le ministère allemand du Développement.

Par ailleurs, aucune indication n’est fournie à ce stade sur les critères de choix des bénéficiaires, les secteurs économiques à privilégier, les contributeurs financiers, la question de savoir si l’Allemagne y va seule ou avec l’Union Européenne, voire le G20.

Développement contre contrôle migratoire

En affirmant dans le plan que l’aide sera conditionné au retour des migrants dans leurs pays d’origine, on sent de la part de la première puissance économique européenne une volonté de régler un problème de politique intérieure induit par la crise des migrants. Même si, au demeurant, la question des réfugiés semble avoir eu un impact assez favorable sur l’économie allemande, avec une croissante plus forte en 2016 (1,9% comparé aux 1,4% de moyenne atteint dans la dernière décade) possible grâce à la relance de la consommation et des dépenses publiques.

À cette cause migratoire semble s’ajouter une autre, liée à une volonté de l’Allemagne de profiter de la perte de leadership des États-Unis sous l’ère Trump, pour mieux asseoir son rayonnement diplomatique.

Par les espoirs qu’elle suscite, l’Allemagne ne commet-elle pas une triple erreur stratégique ?

En lançant de manière unilatérale une initiative d’une aussi grande portée, par les espoirs qu’elle suscite, l’Allemagne ne commet-elle pas une triple erreur stratégique ? Premièrement, elle semble sous-estimer  les effets des réactions négatives  qui pourraient provenir de pays membres de l’Union européenne, comme la France, soucieux de gérer à leur manière les pays africains relevant de leurs pré carrés.

Deuxièmement, il faudrait en priorité améliorer les dispositifs d’aides existant, en développant un plaidoyer convaincant auprès des pays du G20 qui ne respectent pas les engagements de contribution : l’objectif d’allocation de 0,7% du PIB à l’aide au développement pris dans les années 1970 n’a été atteint que par quatre pays de l’OCDE.

Troisièmement, le projet de plan que l’Allemagne entend mettre en œuvre semble fondamentalement motivé par des considérations de compétition économique avec les BRICS sur un continent en devenir.

Objectif ultime

Le terme Plan Marshall utilisé semble être à priori un emballage commercial attrayant destiné à mieux vendre le projet, séduire l’opinion publique mondiale, redorer le blason terni du G20.  L’objectif ultime étant d’ouvrir des parts de marché aux entreprises allemandes et à une économie germanique qui pourrait souffrir des difficultés rencontrées par l’Europe dans la finalisation des Accords de Partenariat Economique avec l’Afrique, mais aussi des tensions en Ukraine et avec la Russie.

Un plan Marshall sérieux pour le développement de l’Afrique doit à notre avis tenir compte de plusieurs paramètres de fond :

. Recentrer les actions autour d’un noyau restreint de pays qui serviraient de locomotives. Ces derniers pourraient être choisis en fonction de critères comme la stabilité politique, l’ancrage démocratique, la qualité de la gouvernance, le poids démographique, l’influence diplomatique, le potentiel économique ; en s’efforçant d’avoir au moins une locomotive par zone géographique ;  ce choix permettrait d’éviter l’effet dispersion et de miser sur plus d’efficacité.
. Enrayer les retours de capitaux illicites du Continent Africain vers l’Europe, estimés par l’Union africaine entre 50 et 60 millions de dollars, recyclés souvent à partir de l’aide publique au développement ; mieux coopérer entre nations en vue de l’éradication des paradis fiscaux et faire prendre au FMI ses responsabilités en sa qualité de garant du bon fonctionnement du système financier international ;
. Amener les pays africains bénéficiaires du Plan Marshall à changer de paradigme en matière de politique économique en observant plus de rigueur dans la qualité de la dépense publique et en matière de choix d’investissements porteurs de croissance saine à long terme. Un bon plan Marshall pour l’Afrique devrait à notre avis mettre d’avantage l’accent sur le renforcement de la base productive locale, grâce à  l’innovation, le transfert de technologie et les délocalisations. Il devrait aussi favoriser la transformation sur place des matières premières avec l’appui de joint-venture solides Nord/Sud avant de songer à réaliser des infrastructures gigantesques qui pourraient s’apparenter dans certains pays à des « éléphants blancs ».
. Changer d’état d’esprit du côté des pays de l’OCDE et des institutions de Breton Woods en prenant l’Afrique plus pour un partenaire qu’une « vache à lait ». Lorsqu’à cet effet le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale saluent des niveaux de croissance élevés, félicitent certains pays africains pour leurs « bonnes performances macroéconomiques » tout en sachant pertinemment que les investissements à l’origine de tels résultats sont peu productifs, et que les vraies politiques créatrices de richesse ne sont pas menées, il existe  des soupçons de complaisance et d’encouragement à moins bien faire pour sans dote accentuer la dépendance économique.
. Organiser de manière plus juste et équitable les marchés des matières premières et mieux ouvrir les marchés européens aux produits africains ; Les barrières non tarifaires, en tant que véritable obstacle au commerce devraient être abolies.


Auteur: Jeuneafrique - Webnews






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Commentaire (6)


Anonyme En Juillet, 2017 (08:41 AM) 0 FansN°: 1
Très bonne analyse. Voilà une conclusion pertinente que tout africain instruit ou non doit cmprendre réellement. l'Europe refusera toujours et par tous les moyens, même tragiques, le développement de l'Afrique. Le défunt chancelier Elmut khole l'a dit clairement en 1987; que l'Europe ne laissera jamais l'Afrique se développer et la concurrencer. E elle ne commettra plus cette erreur d'avoir laisser l'Asie se développer et les concurrencer. car sans l'exploitation abusive et injuste de l'Afrique, l 'Europe pense ne plus vivre, en particulier la France. Et pourtant cette France comprendra difficilement que son avenir, c'est d'arreter d'abuser de son pré- carré ( pillage gratuit des ressources par la force et l'intimidation sous jacente que tous les jeunes africains comprennent de plus en plus...provocation et entretien de guerres civiles, etc). C'est plutôt la France qui doit mieux comprendre sa responsabilité historique face au défi du développement inéluctable de l'Afrique, Francophone en particulier. Le réveil peut être très brutal. MIDI1
Thierou En Juillet, 2017 (21:07 PM) 0 FansN°: 1
l'analyse est pertinente.
cependant, j'estime qu'il y a lieu d'éviter de reconduire les procédés d'un autre temps, faits avec un bénéficiaire qui avait déjà un socle industriel et une culture économique qu'il suffisait de relancer par des capitaux, du reste massifs.
faudrait-il rappeler qu'une bonne partie de la production européenne de l'après seconde guerre mondiale a été consommée sur place, parce que ce continent manquait de tout et, ainsi sa production devait d'abord servir à satisfaire ses besoins immédiats ? en plus, la machine productive américaine a tourné à fonds pour fournir des biens et services au pays du bloc de l'ouest, dans le cadre global de ce fameux plan.
alors, si l'on reparle de plan marshall, sous quelle forme devrait-il être mis en œuvre pour l'afrique ?
même si je n'en connais pas tous les contours, je reste persuadé que le plus grand profit que l'afrique pourrait en tirer passera nécessairement par la création d'un marché et d'une consommation intérieure dynamiques. pour ce faire, il faudra que notre production ne soit pas essentiellement orientée vers l'exportation, comme ce fut le cas pour les dragons d'asie et la chine. ce créneau, me semble-t-il, commence à s'essouffler et cela se voit avec la chine qui cherche à adopter un nouveau modèle économique basé sur une consommation intérieure robuste, portée par une classe moyenne déjà assez significative et qui est appelée à se développer.
en se positionnant comme "l'usine du monde", la chine et les dragons ont peut-être utilisé un raccourci pour réaliser leur décollage économique. cependant, cela les a rendus trop dépendants des marchés extérieurs trop perturbés et trop fragilisés par les spéculations boursières et l'essoufflement de la demande des pays développés en produits de grande consommation. ainsi, il leur faudra réaliser une révolution économique en une décennie, ou moins, sous peine de se retrouver dans une crise économique et sociale grave et durable.
l'afrique ne devrait pas s'enfermer dans une autarcie sans issue, mais, à mon avis, son développement passera sûrement par la création d'un marché intérieur robuste que seuls des ensembles fédératifs de la taille de la cedeao peuvent garantir.

wa salaam
Anonyme En Juillet, 2017 (09:32 AM) 0 FansN°: 2
Croyons en nous.Plan Marshall et autres balivernes ne sont qu'endormissement.
Yoro En Juillet, 2017 (10:51 AM) 0 FansN°: 3
Bonjour ;

Je pense que l'analyse est bien faite mais incompléte. Je suis en train d'ecrire mon mémoir sur ce sujet et je dois encore mener plus de recherches c'est pourquoi je voyage un peu partout surtout en Europe (Allemagne, France, Belgique, Istanbul etc...) pour avoir une bonne conclusion. La première chose à noter c'est le titre meme du plan parce que si on rate le début on perdra tout (cela ne doit pas etre une aide au developpement ni un plan de reconstruction). Donc cela ne doit pas etre “Le Plan Marshall pour l'Afrique” mais plutot “Le Plan Marshall et Afrique” . J'espere que vous comprendriez les nuances. Je ne voudrais pas vous donnez tous les détails mais les questions que vous devez comprendre sont:

1. Pourquoi cette nouvelle cooperation doit etre une win -win démarche?

2. Quels sont les enjeux securitaires que ce plan exige?

3. Les flux migratoires

4. Les secteurs strategiques et autres et quel role les experts Africains devraient jouer pour quelle chose qui les concerne directement. (Souvenez le conference de Berlin et la balkanisation de l'Afrique sans les Africains)

Mes salutations:

sunugaal:
Reply_author En Juillet, 2017 (17:14 PM) 0 FansN°: 1
je pense que l'analyse est bien faite mais incompléte. je suis en train d'ecrire mon mémoir sur ce sujet et je dois encore mener plus de recherches c'est pourquoi je voyage un peu partout surtout en europe (allemagne, france, belgique, istanbul etc...) pour avoir une bonne conclusion. la première chose à noter c'est le titre meme du plan parce que si on rate le début on perdra tout (cela ne doit pas etre une aide au developpement ni un plan de reconstruction). donc cela ne doit pas etre “le plan marshall pour l'afrique” mais plutot “le plan marshall et afrique” . j'espere que vous comprendriez les nuances. je ne voudrais pas vous donnez tous les détails mais les questions que vous devez comprendre sont:
je vais tenter d'apporter quelques éléments de réponse aux points soulignés dans ton message, et ce en dépit du temps qui me manque, hélas. je travaille même les samedis...et je dois être à mon lieu de travail d'ici une heure (de temps). ceci dit, je ne pourrais pas développer
d'abord le titre. pour moi, il cadrerait avec l'objectif avoué ou non-avoué des allemands s'il avait été formulé en ces termes: "le plan marshall" allemand d'Épansion Économique en afrique. cette formulation reflète mieux la vision et les ambitions stratégiques de ce plan. la seule référence faite au plan marshall us s'explique par les moyens financiers, économiques et techniques colossaux que ce plan a drainés pour soutenir la reconstruction de l'europe au lendemain de la wwii.
1. pourquoi cette nouvelle cooperation doit etre une win -win démarche?
il va de soi, ou selon la position africaine, que la coopération devrait épouser les contours d'une collaboration économique gagnant-gagnant. en effet, le monde entier devrait regarder et voir les effets de croissance positive de l'économie mondiale induits par l'émergence des brics (brasilia, russia, india, china & south africa) pour comprendre que le développement économique de cet ensemble de pays africains pivots (...) comme le nigéria, le rdc, le soudan, l'Égypte, la c-d'ivoire, le kenya, l'ouganda, l'angola, le maroc, l'algérie, le ghana, le sénégal, l'Éthiopie, le cameroun, contribuerait mieux à tirer l'économie globale vers une croissance multiforme et bénéfique pour différentes couches de nos pays respectifs. déjà, on estime à environ 60% la contribution des brics à la croissance de l'économie mondiale. aujourd'hui plus que jamais, les grandes multinationales européennes et nord-américaines tirent leur épingle grâce à leur délocalisation réussie en chine, en inde, au brésil, et j'en passe. cette manière de voir l'afrique comme "une vache à lait" à traitre au gré des rêves économiques des puissances occidentales doit se muer en une forme de forme win-win...

2. quels sont les enjeux securitaires que ce plan exige?
À mon humble avis, on ne peut parler d'activités susceptibles de créer de la richesse dans un environnement marqué par le chaos et la destruction systémique des infrastructures de production et d'échange économique. voilà pourquoi, l'on doit positionner au cœur de nos stratégies économiques le volet sécuritaire et le dispositif de son ancrage réel à travers tout le territoire national, en dotant nos forces de moyens exhaustifs de dissuasion et de lutte anti-terroriste.
au galsen, nous avons la change d'avoir une société autrement mieux structurée au plan social avec les confréries religieuses, les daaras, les associations de ressortissants de tels ou tels villages ou départements, l'organisation de gamous annuels, entre autres plateformes de rencontres, d'échanges et de discussions de points de vue qui favorisent le renforcement de la cohésion sociale. toute chose qui devrait être mise à profit pour la sensibilisation et la lutte contre la menace terroriste.

3. les flux migratoires
oh mon temps...

4. les secteurs strategiques et autres et quel role les experts africains devraient jouer pour quelle chose qui les concerne directement. (souvenez le conference de berlin et la balkanisation de l'afrique sans les africains)
oh mon temps...
Écoute, pour ce qui est de l'information et des sources de sa collecte, je te suggère vivement, si tu es à dakar de voir du côté de la commission européenne au sénégal, mais du breda (bureau régional de l'unesco à dakar, le site internet des organismes internationaux comme la commission Économique des nations-unies pour l'afrique, basée à addis-abeba (ethiopia), de l'ocde, etc. il y a le journal online, pamba zuka news (ils rediffusent l'ensemble des papiers, contributions et publications, des chercheurs africains en français, anglais et portugais, l'institut de recherche et d'informations socio-économiques -iris.
les mots clés pour ta recherche doivent être: émergence économique afrique, etc..
Reply_author En Juillet, 2017 (07:10 AM) 0 FansN°: 1
mon ami tu penses trop.
va lire les livres sapiens et homo deus de yval noah hariri.
ainsi que l'excellent why nations fail de daron acemoglu et james a. robinson. pour faire simple l'africain a les pieds sur une fortune et les autres peuples feront le maximum pour les lui prendre.
Reply_author En Juillet, 2017 (07:16 AM) 0 FansN°: 1
lire pour lui prendre
confusion avec le mot "des richesses"
Mansa Moussa En Juillet, 2017 (11:07 AM) 0 FansN°: 4
Cher européens,

Allez, vous et vos larbins de présidents, impérialement vous faire foutre.

Cordialement.

Alioune Diallo En Juillet, 2017 (19:31 PM) 0 FansN°: 5
Ce dit Plan est une catastrophe pour l´afrique.

Cette affirmation est le resultat des recherches menaient par la premiére chaine de Televioun allemande ARD et difusé le mercredi dernier à 22:15 heure dans le "Tagesthemen" (journal du soir). Le serieux de cette chaine est internationalement reconnu. En effet ce plan sera exatement à l´image d´un projet d´une société privée allemande en Ouganda dans le domaine de l´agriculture.

au lieu de créer des emplois pour les villageois comme projeter, ce projet a confisqué les terres des paysans, detruit les emplois (aucune personne n ést embauché plus de 2 mois) et installe les villageois dans la faminie ce qui est tout á fait nouveau pour ce famille n´ayant plus de terres pour cultiver.

C´est ce même format que propose madame Merkel, en mêttent l´argent du contribuable à la disposition du privé et le paradox dans tout cela cette argent est déposé au Luxembourg dans les paradis fiscaux car sa gestion serait non conforme à la loi allemande. Quel paradox!

C´était honteux de voir les dirigants africains se bousculer pour prendre desphotos avec la chancheliére sans savoir que ce que celle-ci propose est une catatrophe pour l´afrique.

Je mesure bien mes propos et vous pouvez verifier ce que je dis ici en consultant de la ARD sur son site internet.

Citoyen Lamda En Juillet, 2017 (09:39 AM) 0 FansN°: 6
Le seul plan Marshall qui vaille est une lutte serieuse contre la corruption; cela ne peut provenir que de l'interieur de l'Afrique Senegal Rek

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